Chasse au trophée : l’industrie du voyage réagit

August 7, 2015

Vous avez forcément entendu parler de l’affaire du lion Cecil, cet animal-icône issu d’un parc protégé au Zimbabwe, qui a été tué par un dentiste américain, Walter Palmer, passionné par la chasse  aux grands mammifères.

 

Cet événement largement relayé par les médias internationaux et les réseaux sociaux a permis de mettre sous les projecteurs ce secteur touristique important en Afrique mais aussi ses répercussions dans l’industrie du voyage.

 

Face à l'émoi du grand public, le secteur aérien a décidé de se mobiliser dernièrement pour interdire le transport des trophées de grande chasse, et plus particulièrement ceux directement reliés à des espèces menacées d'extinction.

 

La dernière compagnie à avoir rejoint le mouvement n’est autre qu’Air Canada qui refusera désormais de transporter tous les trophées de grande chasse dont les lions, les léopards, les éléphants, les rhinocéros et les buffles (Big Five dans le jargon des chasseurs).

 

La compagnie canadienne suit ainsi les nouvelles politiques mises en place dernièrement par d’autres transporteurs comme Air France, Qantas, Emirates, Lufthansa ou British Airways.

En Amérique du Nord, outre Air Canada, Delta Air Lines, American Airlines et United ont annoncé également revoir leurs politiques de transport des trophées de chasse en interdisant les dépouilles des « Big Five ».

 

Les destinations africaines comme le Zimbabwe et le Botswana ont également réagi face au tollé provoqué par la mort de ce lion.

 

Les autorités zimbabwéennes de protection de la faune ont fait un petit geste en suspendant pour le moment la chasse aux lions, léopards et éléphants, tout comme l’utilisation d’un arc et de flèches pour s’adonner à cette activité. Une décision qui a été accueillie avec un certain scepticisme par l’opinion publique soulignant un manque de  courage de la part des officiels du pays. La justice a également demandé l'extradition du dentiste fautif pour qu'il soit jugé sur place.

 

Plus radical, son voisin le Botswana, a carrément décidé de bannir cette activité de son territoire et a développé des mesures pour s'assurer que les animaux vivant ici ne soient pas déplacer en Afrique du Sud où la chasse est encore permise...

 

La chasse au trophée reste une activité lucrative en Afrique et, est en fait, une industrie importante pour les pays où elle se déroule.

 

Selon un rapport de 2009 de l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature et de ses Ressources (IUCN), le chiffre d'affaires annuel pour la chasse au gros gibier en Afrique est estimé à 200 millions $ US.

Toutefois, le rapport souligne également que la chasse ne représente par exemple que 3% des revenus touristiques de la Tanzanie. Le Kenya, qui a interdit la chasse en 1977, a développé un secteur du tourisme qui pèse pour 15% de son PIB (produit intérieur brut), soit 1 milliard de dollars US par an.

 

C'est 40 fois plus que le secteur de la chasse avant son interdiction preuve qu'il y aurait donc d'autres voies à emprunter que la chasse sportive pour développer le tourisme.

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